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 Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]

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erland
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MessageSujet: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mar 25 Fév 2014, 10:24

Prologue

Vacances à Sète. Le Brompton est de la partie. Malheureusement j’ai perdu une pédale dans une correspondance de RER... (glissée à la va vite dans la poche extérieure du T Bag...)

Faire quelques petits tours de roues dans les Cévennes, ça faisait un petit moment que j’y pensais. Nous sommes mi-février, et de mon point de chute, les 14° et le ciel bleu relancent tout à coup le projet. Je déplie une carte, fixe les grandes étapes de 3 ou 4 quatre jours d’excursion et réserve une chambre pour le lendemain. Je cours acheter une nouvelle paire de pédales (ce que je trouve) et des demi cale-pied en plastique qui se révèlent un peu étriqués. Je case dans mon T Bag un reflex, deux cartes, quelques victuailles, un bidon d’un litre et deux ou trois autres petites bricoles, puis m’endors du sommeil tourmenté qui précède les entreprises un peu audacieuses.


Le 1er jour : Sète – Saint Jean de Majencoules (130 km / Dénivelé + : 1742 m)

Premier étonnement : en lançant le gps je m’aperçois que l’étape censée rester sagement en dessous des 100 km, tutoie les 120 théoriques, c’est-à-dire qu’en réalité, avec les divers petits détours, il faut compter plus.
Mais le temps est au beau, l’air vivifiant, et je file à belle allure le long de la mer sur quelques kilomètres.
30 km plus loin, quelque chose me dit pourtant qu’il va falloir modérer l’allure, la courte nuit fait sentir ses effets, à moins que ce soit le bon vent de face qui s’est levé.

Depuis Sète, c’est à la sortie de Gigean qu’on atteint vraiment les premières routes de campagne. Puis, à l’horizon, se profile une belle petite chaine montagneuse : « voilà les choses sérieuses, me dis-je, c’est le début des Cévennes. » Cournonterral, le village que je viens de quitter par la D114, somnole à 50 m d’altitude, en quelques kilomètres, je grimpe à 300 m, en passant par des petits raidillons où je suis à deux doigts de poser pied à terre :




J’ai chaud, je tombe la veste et je tête assidûment mon bidon. Mais le paysage est beau. Blocs de rochers qui commencent à parsemer les champs. Je traverse des oliveraies et des champs d’amandiers en fleur. Satisfaction aussi de commencer à voir de vastes étendues vallonnées derrières soi :


Ça m’aide à tenir jusqu’au sommet. Mais alors, au loin, on aperçoit cette fois-ci de vrais reliefs :


Et par un cruel effet d’optique, plus on approche, plus ils grandissent :


Je viens de faire à peine 40 km, je me vois contraint de réduire l’allure et je me rends compte de deux choses. D’une part que ce que je viens de traverser ça n’est pas le début de Cévennes, ça n’en est même pas le contrefort, c’était juste la petite montagne de la Moure qui, comme son nom l’indique, ne veut de mal à personne. D’autre part je me rends compte que je ne me suis tout simplement pas préparé pour attaquer le genre d’enchaînement de côtes qui s’annoncent. Ma dernière sortie de plus de 50 km doit remonter à l’été dernier, ça fait presque une semaine que je n’ai pas pédalé et, pour le reste, ma pratique consiste en 2x10 km quatre fois par semaine. Pour contrebalancer ce triste constat j’essaie de me raccrocher au précepte de Vélocio : « Tout cycliste, de 20 à 60 ans, bien constitué, peut tourister à bicyclette à raison de 200 kilomètres par jour avec élévation de 2.000 mètres pendant plusieurs jours consécutifs, et exceptionnellement faire une étape de 300 kilomètres avec élévation de 3.000 mètres en 21 heures, repos conquis, sans fatigue anormale, c'est-à-dire sans s'essouffler, sans cesser d'avoir bon appétit et bon sommeil, sans maigrir. »
Comme un don du sort, un cyclo me dépasse à ce moment-là à allure raisonnable. Je donne un coup de pédale pour me ranger dans sa roue, à l’abri du vent toujours aussi fort, et je file alors à 30 km/h en me reposant les jambes. Nos routes se sépareront trop tôt à mon goût, et je poursuis vers La Boissière, Argelliers, Viols le Fort, sur de petites routes qui louvoient en terrain vallonné, jusqu’à St Martin de Londres d’où, en s’élevant par la D122, on découvre au loin la silhouette de la brèche formée par le Pic St Loup et la montagne d’Hortus :


Puis c’est la vallée de l’Hérault, 120 m plus bas. Le barrage élargit ce qui n’est à cet endroit-là qu’une petite rivière et l’eau, sous le ciel bleu, étale une belle bande turquoise.


La descente est un vrai moment de plaisir et une récompense. Ça tombe bien car ce qui a été descendu, il va falloir le remonter, et plus qu’un peu : les 300 m sont atteints sur le Causse de la Selle, et il faut à nouveau les dégringoler mais j’avoue qu’au moment de faire la bascule, une sérieuse appréhension s’installe : là-bas, de l’autre côte, droit sur le chemin, s’élève l’immense falaise de la montagne de la Séranne...


... qui culmine à 942 m, soit 800 m de quasi à pic à partir de St Jean de Buèges, au fond de la vallée :





Heureusement, il n’y pas de route pour couper la montagne, je suis donc obligé de la contourner prudemment.


Mais la route continue tout de même à monter et les 40 km qui me séparent de l’arrivée semblent bien longs.
À Gange, sous le coup de l’affolement suscité par la-dite montagne, qui n’est pourtant qu’un avant goût des Cévennes, je rentre chez un vélociste que la bonne fortune a mis sur mon chemin pour acquérir un plateau de 34 dents destiné à remplacer appréciablement mon 40. Mon bidon est vide depuis un moment. J’achète une bouteille, un baume pour les lèvres qui commencent à me piquer et je repars.
Cette fois-ci, c’est bien l’entrée des Cévennes, la ligne d’horizon ne ment pas. Heureusement, la route qui mène à Sumène suit gentiment la vallée. La dernière forte pente est à la sortie de la ville (pas loin des 10%) et mène jusqu’au Cap de Coste qui, à 400 m d’altitude offre un large panorama sur les montagnes à venir :


Suit une belle descente qui nous mène 200 m plus bas, dans la vallée de l’Hérault, qui n’en est alors qu’au stade de petit ruisseau et où se trouve mon point d’arrivée : St André de Majencoules. Il est 17h30. 9 heures de vélo, moyenne de 14,5 km/h, arrêts compris. Je n’en demande pas plus.

Quand j’ai téléphoné la veille, on m’a annoncé que les chambres d’hôtes sont en travaux pour l’hiver. Je suis donc logé dans le gîte pour le même prix. Là, grand moment de réconfort : la flambée dans la cheminée...


… la petite tisane de verveine maison prise sur la terrasse qui donne sur la vallée de l’Hérault :



Douche chaude et repas parfait. J’en ai profité pour revoir mes ambitions à la baisse. L’étape de demain – aussi longue – prévoit d’enchaîner d’un seul coup pas moins que le mont Aigoual et le mont Lozère. Je décide de laisser de côté la théorie de Vélocio et de raccourcir tout ça. Tant pis pour les deux monts. Le but sera de rejoindre l’Espérou, 1200 m, ce qui n’est déjà pas si mal et, de là, prendre la vallée de la Dourbie jusqu’à St Jean du Bruel. Je n’ai pas d’adresse pour l’hébergement mais je décide d’aviser demain. C’est un luxe que je n’aurais sans doute pas pu me permettre passé le 1er mai.

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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 09:52

2e jour : Saint Jean de Majencoules – Saint Jean du Bruel (83 km – Dénivelé + : 1804 m)

J’ai fini d’avaler un déjeuner copieux. Dernier regard sur le salon chaleureux, dernier tour sur la terrasse. Franchement, je serais bien resté là, à travailler au coin du feu pendant quelques jours au moins. C’est une adresse que je conserve et que je recommande sans réserve : http://www.cevennes-ecotourisme.com/Chambre-d-hotes-des-Sambucs?id_mot=5

Je récupère le fidèle Brompton qui a passé la nuit dans le patio :


Mais avant le départ, une pose s’impose : celle du 34 dents. N’ayant pas l’outil spécial pour bloquer les vis cheminées pendant le dévissage j’utilise une pièce de 5 centimes qui fait l’affaire. L’opération est bouclée en moins de 10 minutes et il me semble qu’avec ce petit plateau je vais pouvoir attaquer les Cévennes le cœur léger :


J’obtiens les développement suivants : 1,7 – 2,1 – 2,7 – 3,4 – 4,3 – 5,3 m.
C’est-à-dire l’équivalent d’un 44 dents décalé d’une vitesse vers le bas ou, autre point de comparaison, une 1ère vitesse correspondant à la 2e du Mountain Drive de Vincent à Vélo. La vitesse maximale que je peux atteindre en respectant ma cadence de pédalage naturelle est de 30 km/h. C’est largement suffisant quand on fait du cyclotourisme avec un T Bag.


Direction Beaulieu, tout d’abord, qui n’a pas volé son nom, avec sa petite église et ses deux ou trois manoirs. Le village est perché à 500 m. Je suis parti de 200 m plus bas. En regardant la carte je m’aperçoit que le gps m’a fait faire un petit détour, par le Sigal. (Note pour plus tard : songer à emprunter la D170, via le village de St André.)
De là, je prends la D329 pour atteindre la crête de la montagne de l’Espérou. La route est fermée à la circulation mais avec le joli temps qu’il fait, il ne me semble pas imaginable qu’il y ait de la neige là haut. Panneau de principe, sans doute, qui reste en place tout l’hiver. J’outrepasse donc. Et ça grimpe. Ça grimpe tellement sacrément que j’appuie aussi fort aujourd’hui avec le 34 dents que hier avec le 40. Mais plus on s’élève et plus le paysage s’ouvre...






Puis, à l’embranchement avec la D323, la silhouette massive de l’Espérou apparaît, dans l’intention évidente d’intimider l’adversaire. Un panneau annonce « L’Espérou 15 ». Ce que le panneau ne dit pas c’est que les 15 km en question ne sont à peu près que de la côte.

Quand bien même, j’ai un 34 dents, qu’est-ce que je crains ? Mais les lacets se resserrent, de plus en plus. Chaque fois, arrivé à la boucle c’est l’espoir qu’on y est, que ça ne peut pas monter plus haut :


… et chaque fois cet espoir est déçu par l’apparition d’un nouveau ruban impassible, toujours plus long et plus pentu que ce qui précède :


Et ça continue comme ça, je ne regarde plus ma montre, plus le compteur, le jeu consiste à attaquer un nouveau lacet avec l’espoir intime que ça ne peut être que le dernier, et que ça mérite bien un ultime effort. L’Espérou, je commence seulement à comprendre la signification de ce nom. C’est une montagne qui vous tient par l’espoir : dix fois elle vous a fait croire que ça y est, vous êtes au sommet, dix fois, l’espoir s’est effondré le virage passé.
Finalement, la 11e fois, ça y est, cette fois-ci, c’est le bout :


… et une onzième fois, l’espoir s’effondre : non seulement ce qu’on découvre en prenant le virage c’est que ce n’est pas du tout le bout, mais que, d’une certaine manière, c’est seulement maintenant que les choses commencent vraiment : elle est là, droite devant, la pente plus raide encore que ce qui a précédé. Et intérieurement, on sait. Ce n’est plus possible, on n’y arrivera pas... La montagne a gagné en nous faisant tenir par l’espoir plus loin qu’on aurait cru pouvoir, puis elle montre tout à coup son jeu, sa supériorité évidente, inattaquable. On continue encore quelques centaines de mètres. On sait maintenant qu’on va mettre pied à terre, on ne songe même pas à se mettre en danseuse pour le baroud d’honneur, on pédale, on pédale, de plus en plus lentement jusqu’à ce que la manivelle s’arrête presque d’elle-même, abandonnée de toute énergie.

Voilà, je mets pied à terre, de force. La première fois depuis le départ de Sète. Je pose le Brompton contre le bord de la route. Je m’assieds, je reprends mon souffle, je mange et je prends une photo du lieu de la défaite :


Puis je repars, à pied, en poussant le vélo, jusqu’au prochain lacet, au bénéfice duquel je me remets en selle sans savoir si je vais pouvoir faire plus de 10 mètres. Mais en fait ça va mieux, le 34 dents a repris de la vigueur. Ça tient, jusqu’au prochain raidillon, où je remets pied à terre, sans hésitation, car comme souvent, le plus dur, c’est la première fois. Désormais le but est d’arriver en haut, à vélo, à pied, à genoux, ça n’a plus d’importance. Nouveau lacet, nouvelle remise en selle. Bizarrement cette fois-ci la machine est repartie, le rythme est plus régulier, l’ascension se poursuit sereinement. J’atteins un beau bâtiment en pierre. Dans la prairie où il est planté, un couple de marcheurs prend un bain de soleil. Ils me regardent d’un air amusé pédaler sur mon Brompton. Nous nous saluons. Juste au-dessus, c’est le Cap de Côte (1189 m) :


Un panneau m’apprend que le bâtiment en question, ancienne ferme, est aujourd’hui un gîté d’étape situé sur le GR 60 et géré par l’association des compagnons du Cap. Plus intéressant pour ma gouverne, j’y apprends que la route que je viens d’emprunter est une ancienne « draille », c’est-à-dire une piste empruntée par les troupeaux transhumants qui « donnent ici, nous dit le texte, un dernier “coup de rein” avant d’atteindre les points d’eau bien mérités : les “abéouradous” (abreuvoirs). » Un dernier coup de rein, je veux bien le croire, et le mot est faible. Je suis tout à coup pris d’une compassion rétrospective et néanmoins sincère pour ces générations de troupeaux qui ont gravi cette « côte » sous une chaleur sans doute plus ardente.

Une photo du chemin parcouru avant de repartir :


J’enfile les gants, le casque, le coupe-vent avant la descente. En effet, j’ai bien lu sur le panneau que « cap » de côte, signifie « tête » (sommet) de la côte. Si c’est le sommet, après ça ne peut que redescendre, n’est-ce pas ? Ah, Espérou, que tu portes décidément bien ton nom, te voilà en train de casser mon 12e espoir : après la côte, en fait, ça monte encore...


encore...


et encore...


Au total, il reste 162 m de dénivelée à gravir. Une paille. C’est juste que la côte est moins raide, ce n’est donc plus tout à fait une « côte », simplement une montée. Vous saisissez la nuance ? Je vous garantis que quand on pédale on la sent. Le pédalier tourne mieux, l’allure augmente, la respiration est de nouveau sereine et les yeux tout à la contemplation du paysage.


Puis la neige apparaît :


D’abord, on trouve ça amusant. Puis c’est la route elle-même qui se couvre de glace


Une glace bien glissante où les kojaks dérapent comme des savonnettes, et où mes chaussures à crampons ne font guère beaucoup mieux. Pied à terre à nouveau. Heureusement ces plaques de glace ne sont pas continues. Elles reviennent, de loin en loin, sur quelques centaines de mètres dans les coins ombragés.
Et le voici enfin le vrai, le véritable, le si longtemps espéré sommet de cette route de l’Espérou :


C’est le col de la Lusette :


Après quelques centaines de mètres de glace, la route se dégage à nouveau et c’est le long faux plat descendant de la route de crête qui mène jusqu’au village de l’Espérou :


Arrivé au village, l’itinéraire de secours (et la raison) voudrait que je file modestement vers la vallée de la Dourbie. Mais étrangement le col de la Lusette m’a redonné confiance. Je passe devant un panneau indiquant « Mont Aigoual 8 ». Petite hésitation de quelques millisecondes, je fais demi-tour en me disant : « Allez, 8 km, ça peut se faire. »
Cette fois-ci la route est plus large, empruntée par les voiture qui se rendent à la station de ski. Le pourcentage sera nécessairement moins violent. C’est ce qui achève de me convaincre. Et pour une fois mon intuition est juste. Gravir l’Aigoual est un bête travail de fond : tout le secret de la réussite est dans l’absence de précipitation. Mais l’Aigoual n’a pas que son dénivelé à opposer à l’assaillant. Le temps se couvre, le vent se lève. On ne pédale plus seulement pour monter mais aussi pour se réchauffer.  

Ça y est, c’est vraiment la montagne :


Le sommet de l’Aigoual est une sorte de plateau dénudé, de sorte que les dernières centaines de mètres se font sur un faux plat en affrontant un méchant vent de face. Et encore, c’était un beau jour. On imagine le vent furieux et glacé qui peut vous cueillir au sommet quand l’Aigoual est dans son mauvais jour.

Puis la silhouette de l’observatoire météorologique apparaît :


Voilà, j’ai mérité le droit de planter mes roues dans la glace :


Au loin, les sommets enneigés du mont Lozère :


Initialement, l’itinéraire du 2nd jour prévoyait d’enchaîner le mont Aigoual et le mont Lozère. Je ne peux m’empêcher de sourire devant tant d’inconscience. À ma décharge, tous les lieux parcourus m’avait paru bien plus « plats » sur la carte qu’ils ne se révèlent en grandeur nature.

De l’autre côté, c’est de là que je viens, la montagne de l’Espérou, gravie par le versant opposé :


On voit bien la ligne de crête suivie par la route après le passage du col de la Lusette.
Pour moi, c’est celui-là le vrai sommet. 25 km de côte continue avec un passage à 15 % (celui où j’ai rendu les armes). On estime moins ce qu’on a vaincu que ce qui nous a vaincu. Et c’est l’Espérou qui m’a fait mettre pied à terre, pas l’Aigoual. Et puis il y avait cette petite route étroite, fermée à la circulation, et ce sentiment d’être seul dans la montagne, pas vraiment dissipé même après la rencontre avec les deux marcheurs du Cap de Côte.

Il est temps de redescendre. Je m’arrête à l’office de tourisme du col de la Serreyrède pour m’aviser d’une solution d’hébergement à Saint Jean du Bruel. Il est bien temps de s’en soucier. J’apprends que l’hôtel est fermé pour l’hiver, on me note l’adresse des deux seules chambres d’hôte du village, l’une ne répond pas, l’autre peut m’accueillir jusqu’à 17h30 au plus tard. Pour la première fois depuis le départ je regarde l’heure. Avant, je savais que ça aurait été désespérant. Le verdict est effectivement cruel : 14h40. Rapide calcul mental : je suis parti à 8h30, soit 6 h pour faire 40 km. Et il m’en reste autant. Je réserve tout de même.
En face de la table où je suis assis, un panneau posé là par la bonne fortune annonce : « point de partage des eaux entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique ». Ça aurait dû me donner un indice : de là où je suis, et St Jean du B. étant dans la vallée de la Dourbie, ça ne peut aller que très vite.

Et ce fut le cas : à 16h40 j’étais arrivé, soit 2 heures de descente quasi constante dans l’une des plus belles vallées qui soient. La Dourbie ça ne vous dit sans doute rien mais en fait vous connaissez : c’est la rivière qui arrose Millau, et c’est pour enjamber cette vaste vallée escarpée qu’il a fallu construire le plus haut viaduc du monde. Ça donne une idée des proportions.
Mais on n’en est pas là au début : ça commence par des petits vallonnements accidentés qui donnent au paysage un air d’Ecosse :






Quelques photos prises à la va vite, pris par le temps. Je range ensuite l’appareil, décidé à m’occuper de pédaler. Plus de photos pour la suite, donc, et je le regrette bien : assez vite, la vallée se creuse, les falaises apparaissent. On entre dans les gorges de la Dourbie. Difficile de garder le regard sur la route. On arrive au village de Dourbies et on traverse ce qui n’est encore qu’un petit torrent sur un petit pont en pierre. Deux routes se présentent alors au cycliste pour rallier St Jean : il faut prendre celle de la rive gauche (la plus étroite et la plus tortueuse). Sur toute la descente, j’y ai croisé deux voitures.

Principal regret, après coup, c’est de ne pas avoir poussé jusqu’à Nant, où je savais que l’hôtel était ouvert, et qui n’est qu’à 7 km, toujours en descente dans cette incroyable vallée.  

J’ai eu du mal m’endormir ce soir-là. Je refaisais en souvenir la côte de l’Espérou, la montée de l’Aigoual et la descente de la Dourbie. Il y avait aussi la sourde inquiétude pour l’étape du lendemain avec ses 130 km et ses vallées bien senties, attaquées à la perpendiculaire...

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Dernière édition par erland le Mer 26 Fév 2014, 20:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 12:33

Merci Erland pour ce récit. On s'y croirait, la fatigue en moins.
Cet hiver a été très doux, mais avec une météo plus classique, n'aurais tu pas été bloqué par la neige?
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 14:42

Le dépassement de soi est un sentiment de vainqueur et de grande satisfaction personnel, tu dois être vraiment content.


Petit texte que j'ai trouvé qui résume bien ce type de voyage.

« Les obstacles et les problèmes ne peuvent vous arrêter . Plus important encore, les autres ne peuvent vous arrêter. Vous seul le pouvez… »

J. Gitomer



Merci pour ton récit, avec de la volonté on fait des miracles!

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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 15:17

Joli récit. Encore un fan du 34 dents  Very Happy
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jipe
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 16:18

Super voyage et super récit avec des photos qui donnent envie  Very Happy 

Tu as tout de meme eu de la chance, ce voyage a cette époque n'a été possible que grace a la météo exceptionelle et anormale de cet hiver 2014.
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armandos
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 16:56

merci
c'est bon de te lire.
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Jacq&Phil
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 17:55

Beau récit comme d'hab  Wink 

Une réflexion s'impose, le mythe du Ventoux revient régulièrement, l'expérience de David nous prouve que vaincre les reliefs ne s'improvise pas. S'attaquer aux sommets demandera une bonne préparation.
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 18:00

Oui, oui, le projet n'a pu se faire qu'en raison de conditions météo exceptionnelles et a été monté au dernier moment (le caractère improvisé n'a d'ailleurs pas été sans conséquence, on verra ça demain - Jacq ne croit pas si bien dire). En temps normal, cet itinéraire est à éviter en février...

Le matin je suis parti de 250 m d'alt environ, avec un beau soleil et un thermomètre qui tutoyait les 12° degrés. Je ne pensais même pas trouver de la neige là-haut...
Cela dit, ça a quelque chose d'un peu magique de rouler dans un paysage blanc (dès lors que la route elle-même est dégagée). J'aimerais bien trouver un moyen de renouveler l'expérience.

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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 19:03

Merci pour ce beau récit et ces photos qui font du bien!

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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Mer 26 Fév 2014, 19:18

c'est déjà fini?
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erland
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Jeu 27 Fév 2014, 11:35

Oui, la petite virée a eu lieu du 19 au 21 février. Voici le compte-rendu du 3e et dernier jour:

3e jour : Saint Jean de Bruel – Arboras (70 km – Dénivelé + : 1294 m)

Départ à 8h30 sous un ciel couvert et par un petit 4°. Il s’agit d’attaquer à froid la montée vers Sauclières, avec un passage à 800 m, sachant qu’on part de 300 m plus bas. Paysage triste, sans intérêt jusqu’à Alzon, situé au fond d’une petite vallée. Puis c’est la montée, bien raide, sur le causse de Blandas, via La Rigalderie. Le paysage commence discrètement à se larzacifier vers la fin de la côte :


On franchit le col de la Barrière, à 808 m. Seule trace de vie, ici et là, un rapace trace majestueusement des huit au dessus de ma tête. Au loin, le relief est toujours aussi escarpé :




Retour en Ecosse :




Puis c’est le col de Campviel (754 m). La route entre la Rigalderie et Blandas est l’une des plus sauvages du parcours. Le paysage est parsemé de blocs de granit et de bouquets de buis :


Au bord de la route, tous les 100 mètres, d’anciennes bornes en pierre :


Ce haut plateau s’interrompt brutalement, entaillé par les méandres de la Vis qui forment le cirque de Navacelles :


Impossible de faire entrer le panorama dans le cadre. En vrai, c’est un spectacle immense et vertigineux qui s’étend face à soi. C’est le coup de grâce. Je sais ce que j’ai déjà donné depuis trois jours. Je sais aussi qu’il ne me reste plus beaucoup de réserves. J’ai un peu l’impression de monter sur le ring et de me retrouver nez à nez avec un adversaire qui aurait une hauteur et deux largeurs de plus que moi. C’est la phase d’intimidation. En 3 jours, on m’a déjà fait le coup plusieurs fois : la montagne de la Séranne, les gorges de l’Hérault, l’Espérou... Mais le cirque de Navacelles – comment dire ? – c’est le cran au-dessus.

En face, taillée dans la falaise, je devine la petite route que je vais devoir emprunter :


Je me lance dans la descente comme on se jette à l’eau. Elle durera 20 minutes. Puis c’est l’ascension. Avant de l'entreprendre, toutefois, j’effectue un rapide inventaire du T Bag. J’ai acheté la veille au soir, dans une petite épicerie, des pruneaux pour me donner des forces. Sauf qu’ils étaient vendus par deux sachets soudés de 500g chacun. Rapide calcul : 2 x 500 ça fait un kilo. Pour affronter la côte qui s’annonce, ce n’est pas une bagatelle. Je m’en enfile trois dans la bouche et je vide, ce qui me fait un peu mal au cœur, le contenu des deux sachets au bord de la route. Je me console de ce gâchis alimentaire en me disant qu’en économisant ainsi 1 kilo je viens pour ainsi dire de troquer mon Brompton standard contre une version titane... Au pied de la côte de Navacelles, ça compte. Je range les sachets vides dans mon sac et, sans autre état d’âme, j’appuis résolument sur la pédale.

Durant le premier quart, j’entends monter vers moi un vrombissement poussif. Un vieux camping-car parvient à ma hauteur. Le passager me propose de m’agripper au camping-car... Je décline l’offre : « Ce serait de la triche. » Il me souhaite bon courage et me double. Pas bien vite. L’engin semble peiner au moins autant que moi dans la côte.
Arrivé à mi-côte, force est de se rendre à l’évidence : je vais devoir poser pied à terre. Je repense alors à ma réponse de Gascon : ce serait de la triche !
« Et ça ne sera donc pas de la triche de poser pied à terre ? me dis-je. — Oui, mais j’aurai au moins essayé. »
La réponse me satisfait, et je ne m’occupe plus dès lors que du coup de pédale suivant. Un doux rayon de soleil de février vient à ce moment-là me réconforter. C’est si bon que je lâche un « merci ». Et l’ascension se poursuit.
Mais qu’elle est longue cette côte. Je ne suis plus très loin du but mais les derniers lacets sont les plus violents. J’ai mal au genoux gauche, puis au genoux droit. Je soulage le mal en me mettant en danseuse. C’est la première fois en trois jours. Mais ça marche. Et je finis la côte comme ça, victorieux sans y avoir cru.
Me voilà, je suis sur le plateau du Larzac d’où je peux voir le causse de Blandas, désormais derrière moi :


La petite descente vers Saint Maurice de Navacelles donne du baume au cœur, mais la nouvelle montée vers Le Coulet, pas bien méchante pourtant, est la pente de trop. La douleur dans les genoux ne me quitte plus dès que je force. Je m’arrête au belvédère de la Muraillasse d’où j’aperçois une dernière fois les neige du mont Lozère :


Puis c’est le petit vallon Ferrussac, une longue ligne droite entre deux « collines ». Le Puech Agut à droite (834 m) et d’énigmatiques pierres dressées dans les champs :


Le vent de face ne me plaît pas. Un troupeau d’âne, blottis les uns contre les autres à l’abri d’un bosquet, me montre que je ne suis pas le seul à m’en méfier. Toutes ces paires d’yeux me regardent passer pensivement. Le mal de genoux ne m’a pas abandonné. Et je sais bien qu’il n’est pas raisonnable de l’ignorer. Alors je m’arrête. Il est 13 heures. J’ai parcouru 70 km. Il m’en reste encore 60 avant d’être rentré et de boucler ainsi la boucle. Voilà, c’est l’abandon : j’appelle pour qu’on vienne me chercher.

Je ne sais pas qui a gagné : le cirque de Navacelles, l’Espérou ou l’enchaînement des vallées prises en travers. En tout cas, celui qui en tire le mérite, c’est le Larzac, lieu du renoncement.
Ironie du sort, c’est ainsi mon département natal qui m’inflige une leçon de modestie...

Après tant de côtes, voici donc le lieu anodin où j’ai capitulé :


Je pousse le vélo à la main et tombe quelques mètres plus loin sur un dolmen :


Je remonte en selle en n’avançant plus qu’au rythme de la flânerie. J’ai rendez-vous dans une petite heure à Arboras. Je suis maintenant arrivé sur une grande route qui serpente entre les rochers :


Et j’atteins finalement le bout du Larzac : le bien nommé col du vent.


La route creuse alors une brèche par laquelle on voit s’étendre la plaine méditerranéenne :


Un ancien de ma famille reconnaîtra la route sur la photo : c’est par là, pendant la guerre, qu’on descendait des hauts plateaux de l’Aveyron vers la Méditerranée, en empruntant une route secondaire plus discrète que celle cheminant par le pas de l’Escalette où passe aujourd’hui l’A75. La descente qui suit est de celles qui nécessitent de bons freins. Mon compteur relèvera 55 km/h sans que je sois aucunement en état de forcer sur les pédales. D’ailleurs, avec un plateau de 34...

Je prends mes dernières photos à mi pente : ici et là, parmi la plaine, il y a quelques restes des vallonnements que j’ai quittés :





Epilogue

Verdict du mal aux genoux après les 4840 m de dénivelé en 3 jours : petite inflammation des tendons. Prescription : repos pendant quelques jours. Il va falloir que je peaufine mes réglages de selle... Ou peut-être que je retrouve de bons cale-pieds.
Pas trop de regrets cependant : ça m’aura permis de frayer avec des paysages incroyables et d’une grande diversité, sur un périmètre finalement loin d’être immense. Et l’envie de repartir est plus grande encore. (En étant désormais bien prévenu quant au niveau requis.)


Cartographie

Deux cartes IGN au 1/100 000e couvrent le parcours et viennent d’être mises à jour ce mois-ci : les cartes top 100 n° 170 et 163. Cette dernière peut être remplacée par une carte top 75 couvrant spécifiquement le parc des Cévennes au 1/75 000e et comportant 5 mini cartes au 1/25 000e pour la randonnée pédestre.


Les Cévennes sur le BromptonForum

Il y a belle lurette que des Brompton sillonnent les Cévennes.

- Il y a tout d’abord le club des grimpeurs de l’Aigoual en Brompton : Walmus est le premier (2009), Vincent à vélo le second (2012) : http://www.bromptonforum.net/t2712-mont-aigoual

- Pioneerman a pour sa part rallié les Cévennes à la Méditerranée en 2011 (Langogne – Le Grau du Roi) : http://www.bromptonforum.net/t4131-traversee-des-cevennes-a-la-mediterranee

- Vincent à vélo a publié lui aussi un beau compte-rendu de sa randonnée au long cours entre Cévennes et Méditerranée (2012). J’ai pu y reconnaître certains coins que j’ai traversés (mont Aigoual, cirque de Navacelles) : http://www.bromptonforum.net/t5380-la-grande-traversee-du-massif-central

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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   Jeu 27 Fév 2014, 14:32

Cela m'a bien fait plaisir de lire ton super récit de voyage. Merci beaucoup pour cette bouffée de dépaysement et d'air frais en plein milieu de l'hiver.

Dommage que tu n'ai pas pu le terminer sur ton B, il ne restait pas beaucoup de km et tu avais fait le plus dur, mais cela n'enleve rien ni au plaisir ni a l'effort fournis.
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MessageSujet: Re: Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]   

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Boucle Cévennes – Méditerranée en Brompton [récit]
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